L’architecture

J’ai un peu peur de traverser le miroir.
Si j’y allais pas… Je me serais trompé d’un soir.
Devant une vitrine d’antiquités,
J’imagine les retrouvailles de l’amitié.
Patrick Bruel

Il y a beaucoup de bâtiments dans un pays, dans une ville, dans un village. Sur les façades de tous ces bâtiments, on trouve des fenêtres, des allèges vitrées, des baies, des portes, des balcons avec des garde-corps. Il y a aussi beaucoup de pièces dans une maison, une école, une entreprise, un restaurant. Et il y a aussi beaucoup d’autres choses dans un salon, un bureau, une salle de bains, une cuisine…

On entre généralement chez soi par une porte, elle est souvent munie d’un vitrage. Dans l’entrée, il y a un miroir et dans le salon trône une table basse en verre qui se réfléchit dans les portes vitrées d’une bibliothèque. Dans le frigo de la cuisine, les bocaux sont posés sur des étagères de verre. Pour monter à l’étage, on emprunte un escalier de verre. Sur l’appui de fenêtre de la chambre du petit, un phasme prend le soleil derrière les vitres de son terrarium. La porte de la garde-robe est équipée d’un miroir. Il y en a aussi un dans la salle de bains, à côté de la porte de la douche. Les gants de toilette et les savons sont posés eux aussi sur une étagère de verre. Dans la cave et le grenier virevoltent des grains de poussière éclairés par le soleil au travers des soupiraux et des lucarnes. Sur le toit, il y a une dizaine de panneaux solaires. Pour accéder au jardin, il faut passer par la véranda. Des tomates murissent dans une serre près de la vieille remise aux fenêtres à croisillons. 

A la boucherie, chez le boulanger, le grossiste, le glacier, ce ne sont que vitrines et présentoirs de verre. Au musée aussi. Dans les restaurants, le patron pose avec un client célèbre derrière un cadre de verre et un poisson laveur de vitre nettoie l’aquarium. La nouvelle feuille de timbres à la mode est présentée derrière le guichet du facteur. De la jetée de l’aéroport, on peut admirer les avions par les baies mais on ne les entend pas. Les verrières éclairent les galeries commerçantes et les salles des pas perdus. A la piscine, protégée des éclaboussures par une cloison vitrée, la cafétéria offre une vue plongeante sur les plongeoirs. Chez le poissonnier il y a un vitrail représentant Poséidon (pour l’anecdote, ce sont les travaux de l’astronome Le Verrier qui sont à l’origine de la découverte de Neptune). Le comptoir de la taverne du bas de la rue est en verre lui aussi, comme les tables de la terrasse. La boutique de l’épicier est située juste en face des fenêtres des salles de classe de l’école primaire ; il vend des bonbons colorés déposés dans une douzaine de bocaux : sa vitrine est constellée de traces de petits doigts et de petits nez. A gauche de l’épicier, il y a un opticien, et à sa gauche à lui se trouve la vitrine d’un libraire, et derrière cette vitrine se reposent quelques romans d’occasion dont la couverture a jauni au soleil. Quand il se sera couché, nous irons danser sur une piste de danse en carreaux de verre de toutes les couleurs.

Discrètement, avec élégance, le verre est une composante fondamentale de l’architecture classique et contemporaine. Pour répondre aux exigences des diverses applications, à côté des miroirs et briques de verre, les vitrages sont déclinés en verre acoustique, imprimé, de sécurité, maté, à haut rendement, laqué, clair, coloré, de contrôle solaire, durci, bombé, émaillé, résistant au feu, argenté, extra-clair, opaque, feuilleté, réfléchissant, sablé, sérigraphié, translucide, transparent, antireflet, anti-UV, trempé, teinté dans la masse… Le verre ‘float’ est majoritaire mais du verre étiré et soufflé est aussi utilisé dans le cas de rénovations patrimoniales ou d’architectures traditionnelles. Les finitions et façonnages sont tout aussi variés : découpe, collage, rodage, mise en feuillure, biseautage, forage, boulonnage, clamage, auto-portance…

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